• Une distribution de rêve et un grand délire

    Quel téléfilm, français, a pour acteurs John Wayne, Robert Redford, Paul Newman, Dustin Hoffman, Burt Lancaster, Clark Gable, Lauren Bacall, Elvis Presley ou bien encore Orson Welles ?...

    Une distribution de rêve et un grand délire

    Il s'agit de La Classe américaine : Le Grand Détournement qui a été écrit et réalisé par Michel Hazanavicius et Dominique Mézerette en décembre 1993.

    C'est un hommage délirant au film Citizen Kane d'Orson Welles et à la Warner Bros qui fêtait ses 70 ans, même si les dirigeants de la Warner ne l'avaient pas du tout imaginé ainsi... Michel Hazanavicius explique : "Le patron de Warner nous avait autorisé à utiliser le catalogue de son studio pour faire un pseudo hommage au cinéma. Quand les dirigeants ont vu notre truc, qui n'était pas du tout un hommage au cinéma, mais un truc de sagouins, ils se sont dit : 'On s'est engagé, c'est bien, on l'a fait. Maintenant, on le diffuse une fois, et après on met les bandes sous clé'. Sauf qu'on a chopé un exemplaire, que des mecs de Canal aussi et que des téléspectateurs l'avaient enregistré. Le film s'est alors échangé sous le manteau". Mais selon Dominique Mézerette, la Warner ne pouvait se lancer dans une procédure judiciaire : "C'est eux qui avaient commis une faute en nous laissant utiliser leurs images. Dans cette histoire, il y a eu une succession de conneries".

    La Classe américaine, Hazanavicius et Dominique Mézerette, 1993

    Le principe du film est simple : mettre bout à bout des extraits de plus de 50 films différents pour raconter la vie de "l'homme le plus classe du monde". Comment lier ces fragments pour en faire une histoire ? Grâce à des dialogues loufoques joués par les comédiens de doublage qui font les voix françaises habituelles des acteurs dans les originaux.

    Pendant plus de quatre mois, Hazanavicius et Mezerette ont passé leurs journées à revoir les classiques Warner, sans le son. Selon ce qu'ils lisaient sur les lèvres des personnages, ils gardaient ou tel ou tel passage : "Il y a un extrait qu'on voulait absolument conserver. On y voyait Charles Bronson jouer un indien. Sans le son, on avait l'impression qu'il disait 'Chips'. Ce passage n'avait aucun intérêt mais il était très drôle", raconte Michel Hazanavicius.

    La Classe américaine, Hazanavicius et Mézerette, 1993

    Michel Hazanavicius explique comment ils ont créé le scénario : "On savait que le film était programmé pour le jour de Noël et il fallait qu'on trouve un scénario. On a donc étalé toutes nos notes par terre, chez moi. Sur deux pièces il y avait des trucs partout et on s'est dit, voilà, avec toutes ces conneries qu'est-ce qu'on fait ? [...] Avec le catalogue Warner, on avait plein de séquences dans lesquelles jouaient de grands acteurs. On a pensé au mythe John Wayne... La classe. On a également pensé à la trame de Citizen Kane, une construction en escargot, avec des flashback qui racontent la vie d'un homme. Des journalistes rencontreraient des proches de John Wayne et tenteraient de comprendre pourquoi au moment de mourir, il avait dit 'Monde de merde'."

    Pour les fans qui veulent apprendre les répliques et briller lors de soirées, un site consacré à La lasse américaine propose le script en images de ce film loufoque.

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