• "Il faut apprendre partout où c'est possible", Václav Havel

    Václav Havel était un dramaturge tchèque. Il a passé près de cinq ans en prison entre 1977 et 1989 pour s'être opposé au régime communiste autoritaire de son pays. Après la révolution de velours de 1989, il a été président presque son gré, "de 1989 à 2003, signant des traités mais toujours apposant son nom au bas des pétitions en faveur des droits de l’homme". Il s'est ainsi adressé au Congrès des États-Unis : "La sauvegarde de notre monde humain n'est nulle part ailleurs que dans le cœur humain, la pensée humaine, la responsabilité humaine".

    Václav Havel et le Dalaï-lama, 2011

    Grand humaniste, nombre de ses déclarations et de ses écrits sont toujours d'actualité. En voici deux.

    Un être capable de provoquer un miracle : la re-création du monde

    "Il faut que l'homme se sente sollicité par l'extérieur, qu'il s'occupe de choses dont il n'a pas besoin de s'occuper pour survivre, qu'il se pose toujours constamment toutes sortes de questions et qu'il se lance chaque fois qu'il le peut dans le tumulte du monde dans l'intention de faire entendre sa voix. C'est ainsi qu'il est un véritable être humain, un créateur de l'ordre de l'esprit, un être capable de provoquer un miracle : la re-création du monde. Renoncer à toute possibilité de se transcender équivaut de facto à renoncer à son existence humaine et se contenter d'appartenir au royaume animal. La tragédie de l'homme moderne n'est pas qu'il en sache de moins en moins sur le sens de la vie, mais que cela ne le dérange presque plus."

    La liberté et la démocratie, cela signifie la participation et la responsabilité de tous

    Discours du 1er janvier 1990 au peuple tchécoslovaque (extraits)

    "[...] Nous sommes malades moralement parce que nous sommes habitués à dire blanc et à penser noir, à ne pas prêter attention l'un à l'autre, à ne nous occuper que de nous-mêmes. Des expressions comme l'amour, l'amitié, la pitié, l'humilité ou le pardon ont perdu leur profondeur et leur dimension et ne signifient pour nombre d'entre nous qu'une sorte de particularité psychologique aussi désuète que des salutations oubliées du temps passé, un peu risibles à l'heure des ordinateurs et des fusées cosmiques. Peu d'entre nous ont été capables d'exprimer à haute voix que les puissants ne devraient pas être omnipuissants et que les fermes spéciales qui leur fournissent des produits écologiquement purs et de qualité devraient plutôt envoyer ces produits dans les écoles, les maisons d'enfants et les hôpitaux, dans la mesure où notre agriculture n'est pas capable de les offrir à tous.

    [... Le pouvoir] a rabaissé l'homme au niveau d'une force de production et la nature à celui de moyen de production. Il a sapé ainsi leur principe et leur rapport mutuel. Il a transformé des personnes douées et jouissant de leurs droits, travaillant intelligemment dans leur pays, en boulons d'une machine monstrueusement grande, grondante et puante, dont personne ne sait quel est le sens véritable. Elle ne sait rien faire d'autre que s'user elle-même, et avec elle tous ses boulons, lentement mais irrésistiblement.

     [... Nous avons] le devoir d'agir indépendamment, librement, raisonnablement et vite. Détrompons-nous, le meilleur gouvernement, le meilleur Parlement et le meilleur président ne peuvent pas à eux seuls faire grand chose. Et ce serait très injuste d'attendre la solution d'eux seulement. La liberté et la démocratie, cela signifie la participation et la responsabilité de tous. [...]

     

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