• Moteurs de recherche engagés et/ou discrets

    Il existe des dizaines et des dizaines de moteurs de recherche, mais Google est quasi la seule référence pour l'immense majorité des internautes : en 2016, plus de 90 % l'employaient.

    Parts de marché de Google en 2016

     

    Pourquoi utiliser Google

    En-dehors des habitudes de navigation, les gens restent souvent sur Google car les résultats des autres moteurs de recherche et des méta-moteurs (un méta-moteur ne dispose pas de ses propres bases de données, mais il relance les recherches dans les moteurs traditionnels, agrège les résultats, et les présente) sont généralement moins bons que ceux directement fournis par les algorithmes de Google, en particulier pour les recherches complexes qui demandent beaucoup de mots clefs ou quand on ne sait trop quels mots clefs précis utiliser.

    En revanche, pour des recherches précises, tous les moteurs et méta-moteurs de recherches généralistes se valent peu ou prou. Ainsi changer de moteur de recherche et continuer à trouver ce que l'on cherche est faisable.

    Pourquoi ne plus utiliser Google

    Google reste en position de quasi monopole, même si les critiques pleuvent sur cette entreprise, surtout en Europe. On lui reproche :

    • son non-respect de la vie privée bien sûr comme en témoigne son nouveau service Mon activité qui met en évidence les cookies utilisés par Google, sous prétexte "de rendre [les] services [de Google] plus utiles pour" l'utilisateur. S'il est possible de désactiver "l'association des historiques avec son compte" grâce aux Paramètres des annonces, Google enregistre toujours, même de façon anonyme, les données ;

      Moteurs de recherche engagés et/ou discrets

    • la censure qu'exerce ses algorithmes – et pas seulement en Chine – et ce alors que sa lutte contre les fausses informations avance peu malgré les promesses de ses dirigeants. Le système d'auto-suggestion est très américain et donc très pudibond - aucune association n'est ainsi proposée pour "cul" - et la recherche personnalisée biaise davantage encore les résultats ;
    • l'évasion fiscale alors qu'elle fait des bénéfices records (quasi 26 milliards de dollars en juin 2016) ;

      Télérama, 2012

    • et bien d'autres, comme en témoigne le reportage d'Envoyé spécial : La Face cachée de Google de Sophie Roland, Edouard Britch, Gary Grabli, Vincent Kelner et Aymeric Guillot (2015).

    Voilà bien des raisons de vouloir éviter le moteur de recherche le plus utilisé au monde, d'autant que comme le rappelle le méta-moteur Lilo "un internaute fait en moyenne gagner 30 € par an au moteur de recherche qu’il utilise [...] grâce aux liens publicitaires situés au-dessus des résultats de recherche".

    Dégooglisons Internet, Framasoft

    Quelques moteurs respectueux de la vie privée

    DuckDuckGo (DDG pour les intimes), créé en 2008, ne stocke aucune adresse IP, ne collecte ni cookies, ni historiques de recherche. On peut même activer le chiffrement HTTPS pour naviguer de façon sécurisée. Par ailleurs, le moteur de recherche utilise par défaut une connexion cryptée. En outre ses résultats sont assez pertinents et depuis 2014, son ergonomie s'est très nettement améliorée et est devenue performante. Mais il propose des publicités liés aux mots de la recherche - qu'il est cependant possible de refuser, de même qu'on peut aisément paramétrer DDG. Son PDG, Gabriel Weinberg, a déclaré en 2015 : "DuckDuckGo est en fait bénéficiaire [...]. C'est un mythe de faire croire que vous avez besoin de tracer les gens pour gagner de l'argent dans la recherche en ligne". Une façon évidente de dénoncer la politique de Google, mais aussi de bon nombre d'entreprises du net pour qui le respect de la vie privée n'existe pas. Logiquement DuckDuckGo finance depuis 2015 des projets "Foss" (free & open-source software) liés à la liberté du Net : la Freedom of the Press Foundation, l’Electronic Frontier Foundation, Tor, Freenet, etc.

    DuckDuckGo

    Startpage, créé en 2009, permet de rester anonyme tout en utilisant les résultats de Google. Il fait office de proxy ponctuel entre Google et l'internaute et empêche la collecte de données personnelles : la seule adresse IP récupérée est celle de Startpage - sauf lorsqu'on regarde une vidéo YouTube. Il est édité par Ixquick qui est un méta-moteur aux résultats plutôt précis. Ixquick n’enregistre ni cookies ni adresses IP, et permet également d’effectuer des recherches de façon anonyme.

    Startpage

    Qwant, créé en 2013, est un moteur de recherche franco-allemand. Il annonce ne pas tracer ses utilisateurs afin de garantir la vie privée, et se veut neutre dans l'affichage des résultats. Ses résultats sont globalement pertinents, sa présentation est agréable, son menu à gauche est original, de même que son allure de portail (dernières actualités, mur d’images quand on affiche les images liées à une recherche) et ses accessoires (comptes, carnets, services annexes comme Qwant Music). Mais Qwant se finance grâce à de la publicité non désactivable.

    Qwant

    Searx, créé en 2014, est un métamoteur de recherche libre et open source, entièrement paramétrable. Il participe de la décentralisation du web puisqu'on peut l’installer sur ses propres serveurs. Comme l'explique un internaute adepte du libre, "Searx est le seul « moteur de recherche » recommandable car il n’en est pas un. Il n’y a pas d’entreprise derrière Searx devant gagner des sous et du prestige. C’est le seul qui soit entièrement libre et décentralisé". En revanche la présentation des résultats est peu glamour, mais ceux-ci sont plutôt pertinents...

    Searx

    Yacy, créé en 2012, est à part puisqu'il s’agit d’un moteur de recherche décentralisé reposant sur le principe du peer-to-peer. C'"est un logiciel libre dispo pour Mac, Windows et Linux, qui propose à chaque internaute d'héberger son propre moteur de recherche sur sa machine. Celui-ci indexe de son côté les pages qu'il trouve et communique avec d'autres peers Yacy pour échanger ces informations. Pas de serveur central ici, mais uniquement un index décentralisé de résultats de recherche, ce qui garanti un bon niveau de vie privée et surtout aucune censure" explique Korben sur son blog. Problème : ses résultats ne sont pas toujours pertinents...

    Yacy

    Quelques moteurs de recherche solidaires

    D'aucuns en ont "marre des moteurs de recherche solidaires", ce qui se comprend au vu des effets d'affichage - ainsi le méta-moteur Ecocherche, créé en 2009, annonce qu'il permettrait d’économiser de 5 à 10 % l'énergie utilisée pour les recherches grâce à l'utilisation de couleurs sombres - une recherche sur Internet correspondant à l'émission d'environ 10 grammes de CO2. Problème : apparemment cela n'est vrai qu'avec des écrans cathodiques. Or ils sont minoritaires par rapport aux écrans LCD. Néanmoins, certains moteurs de recherche solidaires sont intéressants.

    Lilo, créé en 2014 en France, reverse 50 % de son chiffre d’affaires à des structures engagées dans des projets sociaux ou environnementaux grâce à ses revenus générés par la publicité. Depuis sa création, une cinquantaine de projets ont été financés. De plus, ce méta-moteur de recherche n'utilise pas seulement l'algorithme de Google, il existe même une option pour s'en passer. Par ailleurs, il ne collecte a priori pas les données privées et protège du tracking publicitaire. Enfin, Lilo compense son empreinte carbone en reversant une partie de son chiffre d’affaires à des organisations spécialisées dans le stockage carbone et a un objectif de transparence fiscale - l'entreprise communique sur le fait qu'elle paie ses impôts en France. 

    Lilo

    Ecosia, créé en 2009 en Allemagne et dont le slogan est "Surfe sur le web tout en plantant des arbres", est un moteur de recherche qui reverse 50 % de son chiffre d'affaires lié à des revenus publicitaires à un programme de reforestation qui plante des arbres au Pérou, en Indonésie, à Madagascar et au Burkina Faso. Fin juin 2017, une vidéo du site Ecosia sur Youtube annonce que 10 millions d'arbres ont été plantés depuis sa création. D’après son PDG, "si 10 % de la population mondiale utilisait Ecosia, la totalité de la planète serait reforestée !" En outre ses dirigeants affirment chercher "à neutraliser les émissions de CO2 de toute l’entreprise. Cela inclut les émissions causées par les recherches de nos utilisateurs" grâce à un programme de compensation carbone. Par ailleurs, si son interface ressemble beaucoup à celle de Google, ses résultats sont moins performants...

    Ecosia

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